Extraits de l’interview avec Thomas J. CAREY, coauteur de WITNESS TO ROSWELL, traduit en français en novembre 2024

Interview enregistrée le 31 octobre 2025, un an parès la publication du livre Témoin de Roswell (Flying Disk France, novembre 2024) traduction de l'étude de référence mondiale incontournable et incontestée autour de l'Incident Roswell, juillet 1947, Nouveau-Mexique.

par Jean Librero

Le grand et vrai chercheur français sur Roswell, notre ami Gildas Bourdais, nous a quittés le 25 septembre 2024, C’est une perte immense pour ses amis, pour les amateurs d’ufologie ou d’art contemporain qui ont eu la chance de le cotoyer, et sa disparition est une perte cruelle pour l’ufologie en France, tout simplement.

Je poste son portrait ci-dessus, en vis-à-vis du portrait d’une grande figure de l’ufologie mondiale avec lequel il est l’une des seules personnes en France à avoir échange dans les années 90 et 2000, une figure qui est jusqu’à présent largement méconnue du grand public et des amateurs avertis.

L’interview que j’ai réalisée le 31 octobre 2025 était prévue de longue date, et Tom a été confronté à des défis d’ordre médical qui ont plusieurs fois reporté cet enregistrement. Tom Carey est donc avec Donald R. Schmitt le coauteur de WITNESS TO ROSWELL, la somme des recherches accomplies depuis 1988, d’abord par Kevin Randle et Don Schmitt jusqu’en 1993, et par Tom Carey et Don Schmitt à partir de 1991 jusqu’à la fin des années 2010. Witness to Roswell, paru en 2009, était le troisième livre écrit par Don Schmitt, auparavant associé à Kevin Randle. Tom Carey fut coauteur pour la première fois avec Don Schmitt. Cette synthèse monumentale a été en 209 et dans les années qui ont suivi l’un des grands évènements de la « littérature ufologique », le livre a été et demeure l’un des plus grands best sellers mondiaux « dans la catégorie », Carey et Schmitt ont reçu une consécration immédiate, et ont été engagés comme consultants par les plus grandes chaînes américaines dans leurs programmes « UFO ». 

La version FR de cette interview de plus de 90 minutes est en cours, elle sera disponible au début de l’année 2026. Je rappelle que Carey et Schmitt ont été interviewés pour la première fois en France par Olivier de Sedona en 2017 sur la chaîne UFO Conscience. En dépit des errements ultérieurs de ce média, nous devons tous saluer le discernement et les efforts d’Olivier pendant ces années. Il a fait connaître des personnalités majeures de l’ufologie internationale, et la « communauté ovni » actuelle a bien besoin que son exemple soit suivi. Quelques noms de personnalités que le public a pu écouter en traduction simultanée depuis 2015: Paola Harris, Stephen Bassett, Preston Dennett, Kathleen Marden, John Brandenburg, Charles T. Hall, Suzanne et Stuart Ramsey, David Jacobs,  Don Schmitt et Tom Carey.. 

L’interview UFO Conscience avec Tom Carey et Don Schmitt est toujours accessible en ligne.

Donald Schmitt a été interviewé par Bob Bellanca sur BTLV en 2021, l’interview est également en libre accès (la majorité des émissions BTLV sont réservées aux abonnés). Voici donc cette sélection d’extrais d’un magnifique et passionnant entretien avec le grand Tom CAREY, déjà avancé en âge, mais à l’esprit toujours aiguisé. Ces extraits sont partagés au moment où les repas Ufologiques de Paris annoncent « un grand évènement » autour du cas Roswell pour la fin janvier 2026, avec la publication du livre « d’un expert international » selon la couverture d’édition. 

Consulté, Tom Carey confirme qu’il n’a jamais entendu parler ni rencontré l’expert en question.

Bonne lecture à tous. Après avoir découvert cet entretien, n’hésitez pas à commander Témoin de Roswell

Sur Amazon.fr 

LIEN AMAZON

TEMOIN DE ROSWELL: L’enquête de référence sur le crash de juillet 1947 au Nouveau-Mexique par les deux experts incontestés Broché – 19 novembre 2024

Sélection d’articles sur le site Flying Disk France

 

 

 

 

 

 

TRANSCRIPTION DE L’ENTRETIEN AVEC TOM CAREY,

COAUTEUR DU LIVRE TÉMOIN DE ROSWELL, 2009

31 OCTOBRE 2025       Tom Carey, Jean Librero

Livre traduit en français en novembre 2024, Flying Disk France.

Disponible sur Amazon.fr et Amazon.com

[Extraits de la transcription de l’interview enregistrée  en vidéo, à diffuser en janvier 2026 sur la chaîne Global Ets]. Je précise que ces extraits sont longs, même s’ils ne correspondent qu’à 18 minutes d’enregistrement. La lecture d’une transcription est plus contraignante que visionner une vidéo.

Il n’existe pas de Reader’s Digest pour comprendre Roswell. Vous êtes ici avec Tom CAREY. Faites votre choix.

JL : Bonjour Tom, comment allez-vous ?

TC : Hello, Jean, comment vas-tu ? Ravi d’être avec toi.

JL : Merci, Tom, d’avoir accepté cette interview avec notre petite chaîne privée, Global ETs. Nous voici donc, Tom, pour parler de l’affaire de Roswell. Vous avez participé à l’enquête depuis la fin des années 80 jusqu’au début des années 2000. Vous êtes l’auteur de plusieurs livres et vous avez consacré plus de 20 ou 25 ans à l’enquête sur l’affaire de Roswell. Tom, pouvez-vous tout d’abord nous expliquer comment vous avez été impliqué dans l’enquête ? Comment tout a commencé pour vous ?

Oui, Jean. Bonne question, comment j’ai commencé. Je suis originaire de Philadelphie, ce qui fait de moi un vrai citadin. Et, depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours été fasciné par les OVNI, allez savoir pourquoi. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’intéressait. Après avoir obtenu ma licence à l’Université Temple de Philadelphie, puis une maîtrise en anthropologie à l’Université d’État de Californie à Sacramento, j’ai poursuivi mes études à l’Université de Toronto où j’ai décroché mon doctorat en anthropologie. C’est à Toronto que j’ai rejoint un groupe ufologique local appelé CORN, le Réseau canadien de recherche sur les OVNI. C’était leur nom. Ils l’avaient créé pour se tenir au courant de ce qui se passait dans le monde autour des OVNI.

Eh bien, en 1978, j’ai entendu parler de Roswell pour la première fois. Il y avait là-bas un type qui était comme une encyclopédie vivante. Il connaissait tous les cas existants et il a dit : « Au fait, Stanton Friedman et William Moore, que j’avais rencontrés, enquêtent sur l’affaire de Roswell. J’ai dit : « Quoi ? Vous voulez dire Roseville, une ville de Californie que je connaissais. Vous voulez dire Roseville ? Non, c’est Roswell. » Je n’avais jamais entendu parler de Roswell et, vous savez, j’ai mis ça de côté. C’était vers 1978. Je suis donc rentré à Philadelphie. Je me suis marié et j’ai eu deux enfants. J’ai commencé à travailler et je me suis intéressé de près au phénomène OVNI. J’ai acheté quelques livres et en 1980 j’ai vu un livre intitulé, pardon, un livre intitulé « Roswell, The Roswell Incident », de William Moore et Charles Berlitz. J’ai demandé : « Qu’est-il arrivé à Stanton Friedman ? » Car c’est lui qui, en 1978, avait rendu publique l’affaire de Roswell ; le prétendu crash d’OVNI qui avait eu lieu en 1947.

Alors, voilà. 1948, pardon, 1978. Que s’est-il passé pendant toutes ces années ? Je n’en avais jamais entendu parler. Personne d’autre n’en avait entendu parler. C’est parce qu’à l’époque, en 1947, la première information parvenue au public fut une annonce. Nous sommes en juillet 1947. La première information concernant cette affaire était que l’armée de l’air avait capturé une soucoupe volante, un disque volant comme on l’appelait. Et la nouvelle a fait le tour du monde et le monde entier s’est enthousiasmé.

Ce nouveau phénomène d’OVNIs, qu’on appelait alors soucoupes volantes, a débuté seulement deux semaines avant l’incident de Roswell. En juin 1947, la première soucoupe volante a été signalée et soudain les États-Unis et le reste du monde ont été submergés de témoignages d’OVNIs. J’emploie le terme OVNIs, mais à l’époque, on les appelait soucoupes volantes. Le lendemain de l’annonce par l’armée de l’air de la capture d’une soucoupe volante, un nouveau communiqué de presse a été publié : « Ne vous inquiétez pas, ce n’était qu’un ballon-sonde. Ce n’était pas un disque volant, comme on les appelait alors. C’était un ballon-sonde. » Et l’affaire a été étouffée. C’était tout. La presse a cessé d’en parler et tout le monde s’est dit : « Voilà, c’est fini. Ce n’était pas une soucoupe volante. C’était un ballon-sonde. »

Les années passent sans que l’affaire ne soit reprise, jusqu’en 1978, lorsque Stanton Friedman, qui parcourait le pays pour présenter ses théories sur l’existence des OVNI, fit une conférence intitulée « UFOs Are Real ». Il donna cette conférence dans presque toutes les universités du pays. Il se trouvait alors à Baton Rouge, en Louisiane, en 1978, et venait de raconter son histoire sur l’existence des OVNI. Mais le producteur, je crois qu’il était à la télévision, et ils faisaient une interview. Après l’interview, le producteur dit : « Écoutez. Il y a un type à Houma, en Louisiane, avec qui vous devriez vraiment parler. » Ah oui ? Qui est-ce ? Eh bien, il s’appelle Jesse Marcel. Et il prétend avoir tenu entre ses mains des morceaux d’une soucoupe volante, en 1947. Vous voulez lui parler ? Stanton Friedman se rend à l’aéroport. Il rentre chez lui et attend son vol. Il se dit alors : « Je vais appeler ce Jesse Marcel. » Il appelle donc Jesse Marcel, et Marcel explique à Friedman qu’il était officier de renseignement à Roswell, sur la base aérienne militaire de Roswell, en 1947, qu’un disque volant s’est écrasé et qu’il est allé récupérer les débris. Il a tenu les morceaux dans sa main et ils ne venaient pas de ce monde. Ils sont venus sur Terre, mais ils n’étaient pas terrestres. Comme les mots le disent, c’était extraterrestre. Alors, Friedman demande : « Vous étiez l’officier de renseignement ? » Il répond : « Oui. » Friedman rentre donc chez lui. Il appelle un ami enquêteur, William Moore, que j’avais rencontré à Toronto lorsqu’il faisait des recherches pour son livre intitulé « L’Incident de Philadelphie », qui racontait l’histoire d’un destroyer américain disparu puis réapparu ailleurs, comme une énigme temporelle. Il avait déjà publié un livre intitulé « L’Expérience de Philadelphie », « The Philadephia Experiment ». C’était déjà un auteur assez connu, vous savez, grâce à « L’Expérience de Philadelphie » .

Deux ans plus tard, en 1980, William Moore et Charles Berlitz publiaient un livre intitulé « The Roswell Incident ». Qu’est-il arrivé à Stan Friedman* ? Charles Berlitz venait de connaître un grand succès avec son livre « Le Triangle des Bermudes ». Un jour, je suis tombé sur le livre. « The Roswell Incident ».Je me suis dit : « Ah, c’est de ça que parlait Larry Fenwick à Toronto ! » Je l’ai lu et j’ai été fasciné. Ce livre parlait d’une soucoupe volante qui s’était écrasée, de corps, d’une tentative de dissimulation, de menaces de mort. Il avait tous les ingrédients d’un bon polar, avec en plus plusieurs témoins.

Quand on a une affaire avec un seul témoin, comme dans l’affaire Aztec, ça ne sert à rien. Pour une affaire d’une telle envergure, il faut plus d’un témoin. Notre enquête a révélé qu’il y avait des centaines de témoins directs et indirects, mais le livre de Friedman, Moore et Berlitz se basait sur 62 témoins, 62 personnes interrogées. Le témoin clé était Jesse Marcel, qui a raconté toute l’histoire : comment il s’était rendu sur le lieu du crash avec un agent du contre-espionnage du nom de Sheridan Cavitt, et comment il était revenu avec des débris. Il en a montré une partie à son fils Jesse Jr., alors âgé de 11 ans, et à sa femme Beth, sur le chemin du retour à la base.

C’est ainsi que l’histoire a été révélée au public en 1980 avec la publication du rapport sur l’incident de Roswell.

12:48 J : Une question, Tom. Excusez-moi de vous interrompre. Nous savons que Stanton Friedman a publié un livre en 1992, intitulé, je crois, « l’incident Corona ».

13:02 TC : Crash à Corona.

13:04 J : Crash à Corona. Une question : Le livre de 1980, « The Roswell Incident », était-il basé sur l’enquête de Stanton Friedman et ses entretiens avec Jesse Marcel ? Quelle a été la contribution exacte de Stanton Friedman à ce livre, selon vous ?

13:26 TC : Eh bien, comme je l’ai dit, ce livre est basé sur les témoignages de 62 personnes, témoins directs et indirects, qui ont non seulement vu l’accident, mais aussi manipulé des débris. Et franchement, ils n’avaient jamais rien vu de pareil. On pouvait les froisser dans la main et ils se dépliaient, reprenaient leur forme initiale. Donc, ce livre est basé sur les témoignages de 62 personnes, témoins directs et indirects.

Alors, comme je l’ai dit, quand j’ai lu ce livre, il m’a complètement fasciné. (…) Eh bien, croyez-le ou non, Jean, il s’est écoulé onze ans avant la parution du prochain livre sur Roswell. Onze ans ! Kevin Randle et Don Schmitt, en 1991, se basant sur plus d’une centaine de témoignages et une enquête sur place, ont écrit un livre intitulé « UFO Crash at Roswell ». Mais onze ans se sont écoulés. Entre 1980 et 1991, il n’y a rien eu. Un autre grand vide. Donc, à ce moment-là, et cela fait partie de l’histoire qui remonte au livre original de 1980, le crash aurait été découvert par un groupe d’archéologues de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. C’est ce qui est raconté dans le livre original de 1980 de Moore et Berlitz : un jour, ce groupe d’archéologues, en pleine fouille, serait tombé sur une soucoupe volante accidentée. Et ils étaient rattachés, semble-t-il, à l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. Du coup, je me suis dit… J’ai donc appelé Kevin Randle, et je m’étais abonné à la publication mensuelle du CUFOS, le Centre d’études sur les OVNI de Chicago. J’ai alors vu les noms de ces deux personnes, Kevin Randle et Don Schmidt, qui rouvraient l’enquête sur Roswell, car il n’y avait rien de nouveau après le livre de 1980, n’est-ce pas ? Randle et Schmidt rouvraient donc l’enquête sur Roswell.

J’ai donc appelé Kevin Randle, qui vivait dans l’Iowa. Je lui ai demandé : « Qu’avez-vous fait pour retrouver l’archéologue ? J’ai des diplômes en anthropologie, avec une spécialisation en anthropologie physique et une option en archéologie, et mes collègues sont de Philadelphie. Qu’avez-vous fait pour retrouver l’archéologue qui a découvert ce disque volant en 1947 ? » Il m’a répondu : « On a contacté quelques archéologues, on les a interrogés, mais ils n’en savaient rien. » Mais est-ce que l’un d’eux était de Philadelphie ou de l’Université du Nouveau-Mexique ? Non, ils étaient du Nouveau-Mexique, etc. Alors, j’ai dit : « Écoutez, laissez-moi essayer de retrouver ces archéologues. Ils sont, vous savez, de Pennsylvanie. Il me suffit de prendre le train, car j’habitais à Huntington Valley, et j’y habite toujours, une banlieue de Philadelphie. Donc, il me suffit de prendre le train et d’aller à Philadelphie pour faire un tour au département d’archéologie, à la bibliothèque, etc. » Il a dit : « D’accord. » Alors, j’ai pris le train et je suis allé à l’Université de Pennsylvanie. Non, j’ai d’abord appelé William Moore. D’accord. Le co-auteur du livre de 1980. J’ai appelé William Moore. J’ai dit : « Monsieur Moore, vous avez dit que les archéologues étaient de l’Université de Pennsylvanie. Pouvez-vous me donner ces noms ? » Il répondit : « Oh, bien sûr. » Je l’entendis alors s’approcher d’une grande armoire, ouvrir un tiroir, puis le tiroir se refermer, et il revint. Il dit : « Oui. » L’un s’appelait Bernard Wales et l’autre John Carter. Je notai les noms. Je dis : « Merci, monsieur Moore. Je m’en vais. » J’interrogai donc Bernard Wales, qui déclara : « Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je ne sais pas. » Je demandai : « Comment Bill Moore a-t-il eu votre nom ? Eh bien, je ne sais pas. Je ne sais pas. » Il restait muet. J’interrogai ensuite John Carter, un autre archéologue de l’Université de Pennsylvanie. Il connaissait tout de l’affaire de Roswell.

De A à Z, il savait tout. Et il me dit : « Vous savez ce que c’était ? » Et vite, j’ai pris des notes et je me suis dit : « Ça y est, il va me dire d’où ça venait. » Il a dit : « C’était une fusée V2 qui transportait un chimpanzé. » Et je savais que c’était faux. Je savais que c’était faux. Alors, j’ai fermé mon carnet. J’ai dit : « Merci, Monsieur Carter, pour votre temps. » Et je suis parti.

Plus tard, à mon travail, j’ai rencontré une collègue qui avait une maîtrise en archéologie de l’Université de Pennsylvanie. Je me suis dit : « Mon Dieu, Dieu a exaucé ma prière ! » Alors je lui ai demandé : « Avez-vous déjà entendu parler de l’incident de Roswell ? C’était vers 1985, quelque chose comme ça. » (…) Elle travaillait dans mon bureau. On a commencé à discuter et elle m’a dit : « Oui, j’ai un diplôme d’archéologie de l’Université de Pennsylvanie », (…) on travaillait tous les deux pour une grande compagnie d’assurance internationale à Philadelphie, appelée Sigma.

Et elle a dit : « Oh oui. » Elle connaissait l’histoire de Roswell. J’ai demandé : « Comment connaissez-vous cette histoire ? » Elle a répondu : « Eh bien, quand j’étais à l’université, nous étions en Pennsylvanie centrale pour des fouilles archéologiques et un jour, un professeur est venu voir ce que nous faisions. » Elle a ajouté : « Il est venu nous voir pendant que nous déjeunions et il a dit : « J’ai quelque chose à vous dire. » Il a raconté aux travailleurs, aux archéologues qui menaient les fouilles, l’affaire de Roswell, qu’il y avait eu une soucoupe volante avec des petits corps et que ça ne venait pas de cette planète. » J’ai demandé : « Qui était-ce ? Qui ? » Elle a répondu : « Je ne vais pas vous dire son nom, car il publie beaucoup et tout le monde le reconnaîtrait. Pouvez-vous me fournir un indice ? » Elle m’a donné ses initiales, JC. Je suis donc vite retourné à la bibliothèque de l’université et j’ai cherché les noms des professeurs et j’ai trouvé. JC, c’était John Carter. J’ai aussi noté son nom. Il y avait une publication appelée Antiquity, une revue mensuelle diffusée dans le monde entier. Le numéro de janvier de chaque année résumait les travaux archéologiques de l’année précédente.

Plus bas, on pouvait lire le nom de John Carter, en été 1947. Il était en pleine mutation. À l’époque, il travaillait pour le service des parcs nationaux en Arizona, où il était étudiant en master. Il transférait son poste d’affectation de l’Arizona au Mississippi. En juillet, si j’ai bien compris, il est passé par Roswell et, par un pur hasard, il est tombé sur cette soucoupe volante accidentée avec d’autres étudiants. Ce transfert, qui passait justement par Roswell, l’a donc amené là-bas. Il était donc soit sur place, soit il l’a appris d’un collègue. J’ai découvert que ces étudiants n’étaient pas de l’Université de Pennsylvanie, mais de Choco Canyon, dans le nord-ouest du Nouveau-Mexique.

Il y avait des étudiants de l’Université de Pennsylvanie là-haut, mais là où l’accident s’est produit, il y avait un gars du Texas qui travaillait pour Texas Tech. On a eu son nom grâce à une femme qui vivait à Philadelphie et qui avait entendu parler de moi. Son père, paléontologue spécialiste des vertèbres à Lincoln, dans le Nebraska, était venu cet été-là pour rencontrer ce type, un certain Curry Holden. William, je ne me souviens plus de son prénom, mais on l’appelait Curry. Curry Holden était le directeur du département d’archéologie et d’histoire de l’Université Texas Tech. Cet été-là, il menait des fouilles dans le sud-est du Nouveau-Mexique. C’est comme ça que cette personne nous a donné son nom. Voilà comment on trouve nos témoins. Un tel connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un. Vous savez comment ça marche.

26:10 JC : Donc, Curry Holden. Oui. Un archéologue bien connu pour son rôle dans cette affaire. Curry Holden.

26:17 TC : Oui. J’ai donc interviewé un paléontologue spécialiste des vertèbres qui m’a dit : « Oui, j’étais en route pour Roswell pour rencontrer Curry Holden. » En descendant la Highway 285, qui traverse Roswell et devient ensuite Main Street, juste au nord de la ville, j’ai vu des militaires armés qui gardaient le côté ouest de la route. Je me demandais ce qu’ils faisaient là. Eh bien, c’est là que l’accident s’était produit, à l’ouest de la Highway 285. Les militaires étaient déjà sur place avec des fusils et des mitraillettes, interdisant à quiconque de quitter la Highway 285 par l’ouest. Arrivé à Roswell, il a demandé à Curry Holden : « Que faisaient tous ces militaires là-bas ? » Il a répondu : « Tu ne sais pas qu’il y a eu un crash d’OVNI dans le coin et qu’ils gardaient le lieu de l’accident. » (…) J’ai transmis toutes ces informations à Kevin Randle. » Kevin Randle s’est rendu à Leavitt, au Texas, où se trouve l’université Texas Tech. Il a interviewé Curry Holden, alors âgé de 94 ans. Kevin, intervieweur expérimenté, a posé à Curry Holden toutes les questions pertinentes sur Roswell, et notamment sur le site du crash au nord de la ville. À chaque question, Curry Holden répondait : « J’y étais. J’ai tout vu. » Malgré ses 94 ans, il répondait sans cesse aux questions de Kevin. Nous avions prévu de filmer Curry Holden, mais il est décédé peu après. Il avait 94 ans lors de l’interview de Kevin.

Voilà comment je me suis retrouvée impliqué dans l’affaire de Roswell.

(….)

29:35 Jean : D’accord. Merci beaucoup pour cette superbe introduction, Tom. C’est vraiment formidable et je suis sûr que certaines personnes, parmi celles qui suivent attentivement, seront ravies. Tom, je vais vous montrer quelques photos du champ de débris dans le comté de Lincoln et, si vous le voulez bien, pourriez-vous nous parler de votre premier voyage au Nouveau-Mexique ?

30:21 TC : C’est moi. Oui. La photo du haut, c’est mon premier voyage à Roswell. On est en 1993. D’accord. Je suis sur… Il y a trois sites. Deux dans le comté de Lincoln et un dans le comté de Chavez, où se trouve Roswell. Le champ de débris. C’est là que la soucoupe volante ne s’est pas écrasée. Elle a explosé en plein vol une nuit. (…) Vous regardez ce qu’on appelle le site du champ de débris.. L’engin a explosé un soir, début juillet 1947. Il a peut-être été frappé par la foudre, ou il y a eu un problème avec le nouveau radar qu’ils installaient, ou c’était une sorte d’explosion interne. On ne sait pas. C’était l’une de ces trois possibilités. Mais l’enveloppe extérieure de l’engin, la soucoupe, a explosé et a projeté tous ces petits fragments d’épave ici. Vous me voyez là ? Je fais semblant d’observer des débris sur le site du champ de débris. C’est le grand site du comté de Lincoln, à 120 kilomètres au nord-ouest de Roswell. Bon. Il n’y a que des débris là-bas. Et la deuxième photo, celle du bas, montre à nouveau le champ de débris et elle a été prise (…) c’étaitl’émission Sci-Fi Investigates en 2006. On peut voir les monts Capitan en arrière-plan, quelques voitures et des sanitaires sous une tente. Et nous surplombons le site du champ de débris. Ces images datent de 2006 et ont été tournées pour l’émission « Sci-Fi Investigates » de la chaîne Sci-Fi.

JL : La photo du bas.

33:12 TC : Cette photo, celle du haut, c’est également moi qui l’ai prise, montre la maison Hines et, derrière, l’étable. Ce qui est important avec cette photo, c’est que lorsque Jesse Marcel et Sheridan Cavitt ont été chargés de se rendre sur le lieu du crash et de suivre l’éleveur Mack Brazel, ils sont arrivés trop tard. Ils ont donc passé la nuit dans ce petit abri, à environ un kilomètre et demi du lieu du crash. Ils ont passé la nuit dans la maison Hines, cette petite maison-là. Elle n’existe plus maintenant. Derrière cette maison, vous voyez une étable. C’est là que M. Brazel, la veille de son arrivée à Roswell, y a transporté le plus gros morceau de débris qui se trouvait là. C’était un morceau d’environ 60 cm sur 120 cm. Il l’a traîné jusqu’à l’étable que vous voyez en arrière-plan et l’y a entreposé. Voilà l’importance de cette étable. Ces deux bâtiments ont disparu. Ils n’existent plus. J’ai donc eu de la chance. Mais c’est là toute l’importance de ces deux bâtiments.(…)

JL : Voici la carte. Elle est petite pour vous, mais j’espère qu’elle sera plus lisible pour les téléspectateurs. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les trois sites que l’on peut voir ?

36 : 14 TC ; D’accord. Quand j’ai rejoint l’enquête, nous recherchions un anthropologue, un archéologue, car dans le livre sur l’incident de Roswell, le site où les corps ont été retrouvés était les plaines de San Agustin, que vous voyez à gauche. C’est une zone de forme ovale. C’est là que Stanton Friedman et William Moore ont situé les corps. Ils disaient qu’il y avait deux disques volants qui étaient entrés en collision. L’un aurait atterri dans les plaines de Saint-Augustin et l’autre au nord, en direction de la ville. Eh bien, quand j’ai rejoint l’enquête, je cherchais un archéologue qui se soit rendu dans les plaines de Saint-Augustin. Et je n’en ai trouvé aucun. Il y avait des archéologues, mais aucun n’était au courant de l’affaire de Roswell. Il y avait une équipe de l’Université de Chicago, une autre de Harvard, et encore une fois, j’ai déjà mentionné Curry Holden, mais Curry Holden n’est pas allé dans les plaines de San Agustin. Il s’est rendu sur le site au nord de la ville, celui que nous appelons le champ de débris. Grâce à mon enquête, nous avons pu exclure les plaines de San Agustin de l’incident de Roswell. Elles ont été totalement exclues de l’enquête. Il ne s’y était rien passé en 1947. Le champ de débris se trouve donc dans le comté de Lincoln. Nous venons de le décrire. Quant à l’explosion du vaisseau, comme je l’ai mentionné, c’est là qu’elle a eu lieu.

37:58 JL : C’est le point noir, le gros point noir au centre.

38:04 TC : Le gros point noir indique l’endroit où le vaisseau a explosé, là où les débris sont tombés, le site du champ de débris, le gros point noir. Si vous suivez la ligne jusqu’au point plus petit suivant, vous trouverez le site Dee Proctor où ont été retrouvés les corps. C’est là que le vaisseau a explosé. Deux êtres qui se trouvaient à bord ont été éjectés et ont atterri sur ce site. On l’appelle le site Dee Proctor car c’est lui qui l’a révélé à sa mère, qui nous a ensuite transmis l’information, car c’est là que deux corps ont été retrouvés.

38:49 JL : On en reparlera dans une minute. On montrera quelques photos. Bon, je vais vous montrer la photo du site Dee Proctor.

38:57 TC : Oui. (…) C’est ce que je vous expliquais. J’ai pris cette photo au sommet. On y voit deux petites silhouettes. Au sommet, c’est le site Dee Proctor. C’est là que deux des corps, deux des extraterrestres, ont trouvé la mort au sommet de cette falaise. C’est une petite falaise.

39:27 JL : Y avait-il aussi un artefact ou un débris ?

39:32 TC : C’était à quatre kilomètres à l’est du site du champ de débris. Ce petit point que vous voyez sur la carte, c’est le site Dee Proctor, à quatre kilomètres du site du champ de débris. Quand le vaisseau a explosé, des débris se sont écrasés. Il reste une cabine intérieure qui a résisté à l’explosion, avec trois personnes à l’intérieur. Mais deux autres, qui n’étaient pas dans la cabine intérieure, ont été éjectés et se sont écrasés sur le site Dee Proctor, juste là, à quatre kilomètres à l’est du site du champ de débris. Donc, une partie du vaisseau est encore en l’air. C’est la cabine intérieure qui a résisté à l’explosion. Elle poursuit sa trajectoire sur 56 kilomètres de plus. C’est le dernier point que vous voyez. On l’appelle le point d’impact. Vous pouvez le voir. C’est le troisième point, juste au nord de Roswell. Le point d’impact. C’est là qu’a atterri la cabine intérieure qui a résisté à l’explosion, avec trois extraterrestres à l’intérieur. Ils ont été découverts par l’équipe et par un pompier nommé Dan Dwyer, arrivé sur les lieux. Deux d’entre eux étaient morts, leurs corps à moitié sortis de la cabine. Le troisième, un des trois extraterrestres, était encore vivant et titubait. C’est Dan Dwyer, un pompier qui patrouillait, qui l’a découvert. Il y en avait donc cinq au total.

Deux d’entre eux ont péri dans l’explosion de l’engin et ont atterri sur le site Dee Proctor, une petite falaise à environ 4 km à l’est du champ de débris. L’avion a ensuite parcouru 50 à 55 km et s’est écrasé juste au nord de la ville, à environ 50 km au nord de Roswell. Trois personnes se trouvaient là. Deux morts et un survivant. Au total, cinq. Voilà comment cela s’est passé..

42:01 JL : D’accord. Merci, Tom. Nous allons parler brièvement du site Dee Proctor et de ce jeune homme, qui était Dee Proctor à l’époque.. Le deuxième point indique l’endroit où se trouvaient les corps, le site Dee Proctor. Pouvez-vous résumer en quelques minutes ce qui s’est passé ? Comment l’avez-vous découvert ? (…)

43:23 TC : Oui. Le premier témoin était bien sûr l’éleveur Mack Brazel, qui avait entendu une explosion vers minuit la nuit précédente. Nous avons également quelques autres témoins qui ont entendu une explosion étouffée pendant un orage la nuit précédente. Le lendemain, soit le 3 juillet 1947, M. Brazel et son voisin de neuf ans, Dee Proctor, sont allés inspecter la clôture.

44:03 JL : Il était aussi avec son fils, son plus jeune fils ?

44:07 TC : Son fils n’était pas avec lui. C’était Dee Proctor.

JL : D’accord.

44:11 TC : Brazel et le fils de ses voisins, Dee Proctor, sont allés à cheval inspecter la clôture pour voir les dégâts causés par la tempête de la nuit précédente. Ils sont tombés sur ce champ de débris, comme Marcel nous l’a décrit. Tous ces débris sur son ranch. Qu’est-ce que c’est ? Que vais-je faire ? Mes moutons ne veulent pas traverser pour aller s’abreuver. L’eau est de l’autre côté. Les moutons ne veulent pas traverser. Alors, quelques jours passent et, vous savez, c’est le week-end du 4 juillet et donc, le dimanche, à ce moment-là, il a remarqué des vautours qui tournaient au loin. C’est à environ quatre kilomètres. Alors, il va là-bas et il voit les corps. Il va en ville le dimanche 6 juillet pour voir le shérif. Que vont-ils faire ? Vous savez, j’ai ce problème : tous ces débris et les corps empestent l’endroit, et mes moutons refusent de traverser. Il me faut quelqu’un pour nettoyer tout ça. Alors, le shérif Wilcox, George Wilcox, dit : « Tout ce qui vient du ciel du ciel est de la compétence de l’armée de l’air. Ils appellent donc l’armée de l’air, et c’est à ce moment-là que l’Air Force est alertée d’un crash. » C’est ainsi que Blanchard dit à Marcel : « Emmène quelqu’un avec toi et pars. Suis le rancher.  (…)

. Merci. Tom, revenons à Dee Proctor. Vous vous souvenez de ce dont nous parlions il y a quelques instants ? Lorsque vous meniez l’enquête avec Kevin Randle et Don Schmidt, pouvez-vous nous en parler ? Comment avez-vous découvert cette affaire ? Comment avez-vous trouvé le deuxième site ? Car, comme vous le savez, ici en France, beaucoup de gens ignorent qu’il y a trois sites liés à l’affaire de Roswell. Alors, où se trouve ce deuxième site, si important puisque deux corps y ont été découverts ? Comment en avez-vous eu connaissance ? Comment avez-vous retrouvé Dee Proctor ?

48:57 TC : Eh bien, c’est parce que, tout d’abord, chaque fois que nous voulions interviewer Dee Proctor, le fils de Loretta Proctor, il s’éclipsait. Loretta Proctor était la voisine la plus proche de M. Brazel. Nous avons donc obtenu l’histoire de Loretta Proctor, car chaque fois que nous voulions interviewer Dee Proctor, son fils, il nous voyait arriver et s’éclipsait par la porte de derrière. Mais Loretta Proctor, sa mère, nous a raconté en 1994 qu’à cette époque elle était à l’article de la mort. On ne savait pas si elle allait survivre. Dee Proctor l’a compris. Il a dit : « Maman, il faut que je te dise quelque chose. Il faut que je te montre quelque chose. » Alors il prend sa mère, la met dans sa camionnette et part en direction du désert. Elle est mourante. Imaginez-vous traverser le désert en voiture, ballottée dans tous les sens. Il arrive à cet endroit. Il dit : « Maman, c’est ici que Mac Brazel a trouvé autre chose. » Vous savez, à part les débris. « C’est ici que Mack a trouvé autre chose ». Mais qu’est-ce que ça pouvait bien être pour que Dee Proctor, qui n’avait jamais voulu nous en parler, emmène sa mère, mourante, à travers le désert pour lui montrer ça ? C’est ici, maman, que Mack a trouvé autre chose. On soupçonnait que c’était deux, voire plusieurs corps provenant de l’épave. Eh bien, plus tard, nous avons trouvé un témoin qui était en fait un ami de Dee Proctor ; Proctor lui a raconté, car ils étaient des amis proches, ce que Mack avait découvert.

Il s’appelait Jack Sydney Wright. Nous l’avons interrogé. Nous l’avons obtenu grâce à un autre témoin. C’est comme ça qu’on trouve des témoins. Untel connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un d’autre, et c’est comme ça qu’on a su ce qui s’était passé. Jack Sydney Wright a dit : « Il y avait deux corps. Mack a trouvé deux corps. » Et tout est remonté jusqu’au moment où Dee Proctor a raconté à sa mère, Loretta, non seulement ce qui avait été trouvé, mais aussi autre chose. Il n’a pas voulu lui dire quoi, car elle était sous le choc. Et quand elle s’est remise, elle nous a emmenés sur les lieux.

52:37 JL : Merci, Tom. C’est très important. Voyez-vous, comme je vous l’ai dit, nous parlons ici à l’intention du public français. Beaucoup ignorent l’existence de trois sites. Ce récit est très important, très utile pour que les Français en sachent plus sur l’affaire de Roswell. Une question, une question importante. Je ne sais pas si vous avez la réponse, mais je crois savoir que vous avez des témoins militaires concernant le site Dee Proctor. En avez-vous trouvé dans votre livre « Témoin de Roswell », publié en 2009 ?

53:21 TC : En ce qui concerne le site Dee Proctor, non. Oh oui. Oui, en effet. Ed Sain.

53:30 JL : Ed Sain. Exactement.

53:33 TC : Vous voyez, je suis d’accord avec…

53:35 JC : J’avais préparé ça pour une interview plus longue. Je l’avais mis de côté, mais oui.

53:43 TC : Ed Sain était l’un d’eux, et je l’ai interviewé. Il vivait en Alabama et était très âgé à l’époque. Il avait un accent du Sud très prononcé, tellement prononcé que je ne le comprenais pas. Alors j’ai demandé s’il y avait quelqu’un. J’ai ensuite eu l’explication de son fils, Ed Sain Jr., car je ne le comprenais pas. Il parlait si lentement que je n’arrivais pas à le suivre. En fait, à l’époque, sur la base, ils envoyaient le personnel d’un moment à l’autre. « Montez, allez là-bas », disaient-ils. Ils les emmenaient sur ce site. Il m’a dit que lui et un certain Van Wise – j’ai interviewé sa femme – étaient montés dans un camion. Ils leur ont dit : « Vous allez sur le site. Vous aurez des instructions là-bas. » C’était le site Dee Proctor où se trouvaient les corps. Ils sont donc arrivés sur place et on leur a donné deux armes, qu’ils appelaient des « pistolets-mitrailleurs ». On leur a dit : « Tirez sur quiconque essaie d’entrer et posez des questions après. » Leur mission était donc d’empêcher quiconque de s’approcher du site pendant la nuit. Ils ont eu de la chance, Ed Sain m’a dit que personne n’a essayé, ils n’ont donc pas eu à tirer. Mais c’étaient leurs instructions : tirer sur quiconque tenterait de franchir ce point de contrôle et d’entrer sur le site. On leur a fourni une tente pour la nuit. Ce sont les deux seuls. Il y en a peut-être d’autres.

55:50 JL : Un moment, Tom. Le soldat de première classe Ed Sain. C’est vrai. Mais le sergent Wallace, sous-officier amérindien de l’armée de l’air, il était peut-être là.

56:04 TC : Il y en a plusieurs, Jean.

56:08 JC : D’accord, je vais vous lire un passage et vous nous direz si vous vous en souvenez. Vous avez peut-être oublié une partie de l’enquête, qui est si longue. Bien, je vais vous lire le témoignage de la femme de Wallace. « Il a été appelé un soir pour se rendre sur le lieu d’un accident près de Corona. Quand son mari est rentré tôt le lendemain matin, la première chose qu’elle a remarquée, c’était une odeur. L’odeur qui se dégageait de ses vêtements était la pire qu’on puisse imaginer. Je lui ai fait enlever ses vêtements. Finalement, nous les avons brûlés et enterrés les cendres. »

56:53 TC : Oui, je me souviens maintenant. Je me souviens. Oui. Wallace. Cette odeur devait venir des corps. Voyez-vous, les corps ont été retrouvés sur le site du champ de débris, ils étaient dans le désert, plus loin, sur le site Dee Proctor. Ils étaient restés très longtemps au sol. Ils ont donc commencé à se décomposer et l’odeur qui s’en dégageait a imprégné ses vêtements. Le soir, en rentrant, il a pris deux douches immédiatement, mais il s’est douché toute la semaine pour essayer de se débarrasser de l’odeur, aussi bien sur lui que sur ses vêtements. Ils ont fini par les brûler, ont creusé un trou, ont mis les cendres au fond et les ont recouvertes, car l’odeur était insupportable. Il continuait de se laver les mains et de prendre des douches pour tenter de la faire disparaître. Son nom de famille était Wallace. J’ai oublié son prénom, mais c’est sa femme qui nous a raconté l’histoire.

JL : Oui. Quand on dit qu’il n’y a pas de témoins dans l’affaire de Roswell, on voit bien le nombre de cas rassemblés par Kevin Randle, Don Schmidt et Tom Carey.

TC :Franchement, Jean, je ne me souviens plus comment on a eu ce témoin. C’était sa femme, mais quelqu’un d’autre a sans doute dit : « Oh, vous voulez aussi parler à untel. »

J.L : C’est dans le livre. C’est dans le livre, Témoin de Roswell. Vous devez lire ce livre, Tom.

TC : J’ai lu le livre. Je l’ai même écrit.(…)

JL : Une question, Tom, et ensuite nous passerons à une dernière affaire. Concernant les politiciens, nous avons entendu beaucoup de choses, vraiment beaucoup, sur leur implication dans l’affaire de Roswell. J’ai lu plusieurs articles, beaucoup de choses. Vous êtes l’expert, bien sûr, mais quoi qu’il en soit. J’ai lu que Wernher von Braun était à la base de Roswell, ainsi que le célèbre général Twining, mais j’ai aussi lu qu’Einstein s’y était rendu et que le président Truman lui-même y était venu. Que pensez-vous de l’implication immédiate des politiciens ?

TC : Oui. Bien sûr, le président Truman n’était pas là. Enfin, il n’a pas quitté Washington et n’était pas aux commandes. C’était en réalité un autre général de l’Air Force, Hoyt Vandenberg, qui allait bientôt devenir chef d’état-major de l’Air Force. En 1947, ce chef d’état-major était Carl Spatz, mais il était sur le point de prendre sa retraite. Hoyt Vandenberg contrôlait tout depuis Washington, car il allait bientôt devenir chef d’état-major de l’Air Force. Hoyt Vandenberg a dit qu’ils allaient étouffer l’affaire, car il avait peur. Il se souvenait de l’émission radiophonique d’Orson Welles de 1938, « La Guerre des mondes », qui avait semé la panique dans tout le pays, du moins sur la côte Est. C’était un récit fictif d’un débarquement de Martiens en 1938 ou 1939. Et il se souvenait de la panique qui avait régné sur la côte Est des États-Unis suite à cette émission. Il ne voulait donc pas provoquer de panique dans les rues. Vandenberg, qui était l’architecte du projet, a dit : « Nous allons étouffer l’affaire », et ils l’ont fait.

JL : Pour bien d’autres raisons également, probablement.

TC : Pardon.. Ah oui, il y avait d’autres raisons, mais surtout, Vandenberg ne voulait pas semer la panique dans les rues. Il y avait d’autres raisons encore. Vous savez, la Guerre froide venait de commencer avec l’Union soviétique et, en 1949, avec la Chine communiste. C’était donc une autre raison de dissimuler l’affaire, car il y avait des choses à essayer, la technologie, exploiter celle qui était tombée entre leurs mains, et ils le font encore. Mais j’ai oublié quelle était votre question.

JL : Tom, pensez-vous que le président Truman soit venu à Roswell, par exemple ? Le président Truman, pensez-vous qu’il soit venu à la base de Roswell ?

TC : Eh bien, le président Truman, je pense qu’il n’a jamais mentionné Roswell publiquement, mais il a mentionné, vous savez, nous parlons d’OVNIs et de choses comme ça, mais il n’a jamais mentionné Roswell en tant que tel, mais je crois qu’il a reçu ses ordres à ce moment-là de Vandenberg qui était responsable de toute la situation.

JC : Croyez-vous que Wernher von Braun était là, et le directeur du projet Manhattan ?

TC : Oui. Oui. Ils étaient également présents au moment du crash. Ils ont contacté Wernher von Braun, de Fort Bliss au Texas, et son adjoint, Ernst Steinhoff, ils les ont dépêchés sur place. Ils étaient incertains de l’origine de l’épave, car elle portait des inscriptions. Ils voulaient s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un engin russe. Au départ, ils pensaient qu’il s’agissait d’un engin russe. Ils voulaient en avoir le cœur net. L’Allemagne, qui était en guerre contre la Russie pendant la Seconde Guerre mondiale, était bien placée pour le confirmer. Von Braun et Steinhoff ont affirmé que ce n’était pas russe. À ce moment-là, ils savaient que l’engin ne provenait pas de la Terre. Marcel le savait déjà, mais Blanchard et les hauts responsables à Washington se demandaient : « Est-ce russe ? Est-ce russe ? » C’est alors qu’ils ont rappelé Von Braun et Steinhoff pour examiner les inscriptions. Ce n’était pas de l’écriture cyrillique russe.

JL : D’accord. Merci beaucoup. Tom, nous allons maintenant parler de votre ami de Philadelphie, ce gars dont nous avons parlé en privé, le joueur de la Ligue américaine de football.

TC : Oui.

JL : Pouvez-vous nous parler d’un voyage que vous avez fait, je crois, avec votre femme, au Roswell High School ?

TC : Oui.

JL : Et la découverte que vous avez faite là.

TC : Oui. Vous parlez du récit de Tom Brookshier.

JL : Vous avez une photo ici.

TC : Oui. Voici Tom Brookshier. Il était arrière défensif chez les Eagles de Philadelphie. C’était le meilleur qu’ils aient jamais eu. Il a joué de 1953 à 1961, année où il s’est cassé la jambe et a dû prendre sa retraite. Pour moi, il était simplement un arrière défensif des Eagles de Philadelphie. Le meilleur qu’ils aient jamais eu. À mon avis, ils ne l’ont toujours pas remplacé. En 2012, nous étions à Roswell. J’étais conférencier au Roswell UFO Festival chaque année de 1993 à 2022. J’y prenais la parole chaque année. Cette année-là, il y a une dizaine d’années, peut-être même plus, car le temps passe vite, peut-être même une quinzaine d’années, j’ai emmené ma femme à Roswell pour lui montrer les lieux. Nous sommes allés à l’Institut militaire du Nouveau-Mexique. Ils avaient un grand stade de football américain. Alors, en chemin, j’ai dit : « Laisse-moi te montrer ce stade. » Il s’en est passé des choses ici ! Je regardais à travers la clôture. Ma femme, Doreen, s’est éloignée et j’ai entendu : « Tom, Tom, viens par ici ! » Mais où était-elle ? Ah, elle était là-bas. J’y suis allé. Elle a dit : « Regarde ça ! » C’était une plaque. Une grande plaque de bronze avec tous les noms des joueurs de football américain qui avaient foulé la pelouse de ce stade et qui avaient ensuite intégré la NFL. Il y avait une douzaine de noms, comme Roger Stallback, et beaucoup d’autres qui m’échappent maintenant, mais que je reconnaissais à l’époque. Le premier nom sur la plaque était celui de Tom Brookshier.

J’ai dit : « Oh là là ! À ce moment-là, je ne savais pas que Brookshier était de Roswell. » J’ai vu son nom. Oh mon Dieu, il était de Roswell ! Alors je me suis dit que je devais l’appeler en rentrant. Alors, c’est où exactement ? Donnez-moi juste l’année.

JL : 2012-2015.

TC : D’accord. Donc c’est faux. C’était en 2008. Je vais vous expliquer pourquoi dans un instant. Parce que maintenant je sais que c’était en 2008. Il y a longtemps. Alors, je rentre chez moi et j’appelle Tom Brookshier. Je le cherche dans l’annuaire et il s’avère qu’il habite dans le New Jersey. Alors, j’appelle le New Jersey. Je lui laisse un message. Je lui dis : « Comment faire pour qu’il me rappelle ? » Alors, j’ai dit : « Bonjour Tom. Je m’appelle Tom Carey. Je suis un grand fan. Vous étiez un excellent défenseur, mais vous n’avez pas réussi à contenir le numéro 23 des Cleveland Browns. » J’ai cité son nom, je ne l’ai plus, Ray Renfro. J’ai dit : « Vous étiez très bon, mais vous n’avez pas réussi à contenir Ray Renfro. » Je savais que ça le déstabiliserait. Je savais que ça le ferait réagir. Dix minutes plus tard, le téléphone sonne. Je décroche et il me dit : « Comment ça, je n’ai pas réussi à contenir Ray Renfro ? »

Voilà comment je me suis présenté. On a parlé de Roswell. Il a dit : « Oh oui, je me souviens, je m’en souviens. » Il avait 16 ans à l’époque. Son père tenait une station-service en plein centre-ville. Les aviateurs de la base venaient en voiture et, si besoin, ils faisaient le plein à la station-service de son père. L’été, pendant leurs vacances, c’était Tom qui s’en occupait. Il remplissait les réservoirs, puisqu’il était en congé, et c’est comme ça qu’il a rencontré beaucoup d’aviateurs de la base. Il a fait leur connaissance et ils continuaient à échanger. Mais soudain, quelque chose s’est produit. Ils ont cessé de venir à la station-service et, du jour au lendemain, la base a été bouclée. La base aérienne de Roswell a été bouclée. Personne n’entrait ni ne sortait. Il a demandé : « Qu’est-ce qui se passe ? » Et il a dit qu’après ça, même après la levée du confinement de la base, ils ne sont plus revenus à la station de son père. Ils ont cessé de venir faire le plein. Il ne savait donc pas ce qui se passait parce qu’il ne lisait pas le journal, vous savez, et il avait entendu parler d’une soucoupe volante, mais il n’y avait pas prêté attention. Il avait 16 ans. Un de ses amis, qui jouait au football américain au lycée de Roswell (il pratiquait trois sports, le baseball, le football américain et le basketball, et il avait été sélectionné dans l’équipe d’État dans les trois, dans l’équipe d’État du Nouveau-Mexique), passe le voir et lui dit : « Hé, Tom, tu as entendu parler de Roy Tiner ? » Roy Tiner était un soudeur du coin. Il a dit : « Il a un métal vraiment bizarre. Il fait des trucs étranges. » Tom a demandé : « De quoi tu parles ? » Il a répondu : « Il a ce métal étrange. » « Ça fait des tours ! » « Mais de quoi tu parles ? » Alors, ils sont tous allés voir Roy Tiner. Ils sont allés à son atelier de soudure, environ six. Ils arrivent et Roy Tiner leur dit : « Qu’est-ce que vous voulez ? Fichez le camp ! » « Non, on veut voir ce drôle de bout de métal qui fait des tours ! » « Non, vous ne voulez pas ! » « Eh bien, on ne partira pas tant que vous ne nous l’aurez pas montré ! » Alors, il va à son établi. Il ouvre un tiroir, sort le morceau de métal et dit : « Voilà ! » Il le brandit. Il le presse. Il le relâche, et au lieu de tomber au sol, il flotte. Il flotte simplement là. « Recommencez, disent-ils, recommencez ! »

JL : Ce tour. Ils pensent que c’est un tour.

TC : C’est cela. Quel est le truc ? Et il recommence. Et ça flotte lentement jusqu’au sol. Où as-tu trouvé ça ? Il a dit : « Je l’ai eu d’un agent de sécurité de la police. » Il l’a trouvé au nord, après le crash d’une soucoupe volante ou quelque chose comme ça. C’est comme ça qu’il l’a décrit. Il a dit : « Je l’ai eu d’un officier tel. » Je ne me souviens plus de son nom. D’où l’a-t-il eu ? Il l’a eu d’une soucoupe volante. Et c’était l’expérience de Tom Brookshier. Et l’autre, c’est que, lorsque la base a été confinée, rien n’entrait ni ne sortait. Et après la levée du confinement, les gars de la base ne sont jamais revenus pour faire le plein.

JL : On leur avait interdit d’y aller.

TC : On leur a probablement ordonné de ne pas avoir de contacts. De fait, la ville et la base n’ont plus jamais été les mêmes après cela.

JL : Oui, je comprends. C’était une censure de la communication.

TC : C’était donc mon interview avec Tom Brookshier. J’en ai fait deux avec lui, et c’était vraiment quelqu’un de bien. Il est décédé deux ans plus tard d’un cancer, en 2010. Il était devenu un commentateur sportif célèbre avec un certain Pat Summerall, commentateur des Giants de New York. On le voit d’ailleurs sur la photo du bas. Oui, la photo du bas le montre avec Pat Summerall. Ils commentent un match de la NFL dans les années 1970. Ils formaient la meilleure équipe de commentateurs de la décennie. Après cela, Tom a quitté son poste. Il était commentateur indépendant. Et il a fait une remarque qui n’a pas plu à la direction. Je ne dirai pas de quoi il s’agissait. Je vous le dirai après l’émission, mais c’était une remarque spontanée, du genre « Tom disait n’importe quoi ». Il a dit quelque chose qui n’a pas plu à la direction, et ils l’ont renvoyé sur-le-champ. Finalement, il est retourné à Philadelphie après avoir commenté ce match de NFL. Il a lancé « All Sports All Time », un concept novateur à la radio : une programmation sportive 24 heures sur 24, diffusée en continu. Grâce à lui, cette station est devenue l’une des plus importantes stations de radio AM à Philadelphie, WIP. Il a commencé. Il a ensuite lancé une émission avec un certain Angelo Cataldi, qui allait devenir la plus grande vedette de la radio WIP. Il était vraiment excellent, tout comme Tom, et ils ont créé une émission intitulée « Brookie », du surnom de Brookshier. Angelo Cataldi était alors un nouveau venu à la radio. On l’appelait donc « Brookie », un terme qui désigne un amateur de baseball débutant. L’émission s’appelait donc « Brookie et le Débutant ». C’était une émission matinale qui a connu un grand succès et qui, même des années plus tard, reste l’émission de radio sportive la plus populaire de la région de Philadelphie. Elle a été créée par Tom Brookshier. Il est décédé en 2010 et se dirigeait sans aucun doute vers le temple de la renommée de la NFL, mais une fracture de la jambe a mis fin prématurément à sa carrière. Il est aujourd’hui inscrit au Hall of Fame des diffuseurs pionniers de Philadelphie, où il a été intronisé en 2007.

JL : C’est formidable. C’est incroyable de voir à quoi une enquête peut conduire.

TC : Tout a commencé lorsque ma femme a dit : « Hé, Tom, par ici. » Et là, il y avait le nom de Tom Brookshier sur cette plaque. Je n’avais aucune idée à ce moment-là qu’il était originaire de Roswell.

JL : Vous veniez de Philadelphie et, en plus, vous connaissiez le sport. Beaucoup de gens de Philadelphie arrivant à Roswell, à l’Académie militaire de Roswell, n’auraient pas connu ce nom, car tout le monde ne pratique pas de sport. Mais vous arriviez de Philadelphie, vous aviez été vous-même un athlète dans votre jeunesse, vous pratiquiez quatre sports, vous connaissiez le football américain et le baseball, vous connaissiez Brookshier, toute l’histoire de la NFL, des Eagles de Philadelphie, et à la suite de ces concours de circonstances, on découvre cette histoire incroyable, le tour de passe-passe.

TC :Oui.

1:26:56 JL : C’est donc un bel hommage au travail d’enquête, car c’est une récompense après tant d’années. Bref, on s’arrête là. Je vous montre une photo… On ne va pas parler de Dan Dwyer, ni de Frankie, on n’a pas le temps maintenant. Voici donc cette dernière photo avec Jesse Marcel pour conclure cette première interview. Merci encore, Tom, pour le temps que vous nous avez accordé au public français, et à ceux qui nous écouteront en anglais, bien sûr. Qu’en dites-vous, Tom ? Que pensez-vous de Jesse Marcel ? Son témoignage, son entretien avec Stanton Friedman en 1978, et sa contribution à la divulgation? Qu’en pensez-vous ?

1:27:56 TC : Vous savez, on dit toujours que sans Mack Brazel, il n’y aurait pas eu d’affaire Roswell. Sans Jesse Marcel, il n’y en aurait pas eu non plus, car c’est lui qui a ouvert la voie. C’est lui qui a lancé le débat en 1978. Jusque-là, personne n’en avait jamais entendu parler. J’aimais lire sur les OVNI. Je n’avais jamais entendu parler de Roswell. Je crois que c’était mentionné dans quelques livres, mais très brièvement, sans plus. Jesse Marcel a ouvert la voie en 1978 avec Stanton Friedman. C’est aussi Stan Friedman, connu comme le père de l’affaire Roswell. Après la parution de son livre « Crash at Corona » en 1992, il n’a plus vraiment mené d’enquête. Il a beaucoup donné de conférences, mais il n’a plus vraiment approfondi le sujet par la suite.

Mais sans Jesse Marcel, que Stan a interviewé en 1978, je ne sais pas s’il y aurait eu une affaire Roswell à enquêter pour nous autres.

JL : Avez-vous une explication, Tom ? Le dernier mot, une minute. Pourquoi pensez-vous que l’ancien major du renseignement militaire Jesse Marcel, chef du renseignement sur la base aérienne de Roswell en 1947, a fait son coming out en 1978 ?

TC : Eh bien, il souffrait d’emphysème, je crois qu’il était en train de mourir d’emphysème, et c’est pourquoi il n’avait rien dit jusqu’en 1978. Je pense que c’était comme une confession sur son lit de mort. Pourquoi a-t-il parlé à Stanton Friedman ? Peut-être était-il flatté qu’on lui pose la question. Je ne sais pas. Mais sans Marcel, je ne sais pas s’il y aurait eu l’affaire de Roswell, et parce qu’il a aussi dit qu’il y avait beaucoup de choses qu’il n’avait pas dites. Il gardait encore beaucoup de choses secrètes. La plupart concernaient les corps. Mais il n’est jamais allé plus loin que les débris qu’il a trouvés. C’était donc un aveu partiel. Comme je l’ai dit, il nous a donné ce qu’on appelle la moitié du pain, mais il a gardé l’autre moitié pour lui.

JL : Alors oui, mais nous devons un grand hommage à Jesse Marcel.

TC : Oui. Oh, c’est certain. Sans lui, comme je l’ai dit, je ne sais pas si nous aurions eu une affaire à enquêter. Et grâce à Stanton Friedman, William Moore et, je suppose, Charles Berlitz d’avoir autorisé l’utilisation de son nom (…)

JL : Oui. Votre livre « Témoin de Roswell », traduit en novembre 2024, contient de nombreux autres témoignages. Cela fera donc un an, dans deux semaines, que je l’ai publié, aux alentours du 10 ou du 15 novembre de l’année dernière. Dans une semaine ou deux, cela fera donc un an que la traduction de votre livre est parue. Je vous remercie infiniment pour tout, pour cet entretien et pour vos 25, 40 ou même 30 ans d’enquête.

TC : 35 pour moi. 35 et deux de plus chacun pour Randle et Schmidt. Je me suis investi en février 1991. Donc ça fait 35 ans et ce n’est pas fini.

JL : Formidable. Merci encore. Bonsoir Tom, et à très bientôt.

TC : D’accord, Jean. Ravi d’avoir été avec vous et merci beaucoup d’avoir traduit le livre en français.

JL : Très honoré, très fier, Tom. Prenez soin de vous.