22 avril 2026
Traduction par le regretté Gildas Bourdais, en 2021, de la lettre de l’auteur Donald R. SCHMITT en réponse aux déclarations de Jacques Vallée autour de l’incident Roswell et du cas Trinity. Il s’agit d’une traduction libre par le spécialiste français Gildas Bourdais.
L’original de l’article de Donald Schmitt sera publié sur un autre lien, pour consultation.

En 2021 était publié le premier livre sur le cas Trinity, par Paola Harris et Jacques Vallée. Un deuxième livre est sorti un an plus tard.

La dénomination S.A.T pour Special Assignment Team désigne l’équipe spéciale du MUFON International à qui sont confiées des enquêtes particulièrement rigoureuses sur des cas, observations, signalements, rapports, et en particulier sur les méthodologies appliquées par les enquêteurs de terrain sur tel ou tel dossier particulier. Le sigle pour se traduire par « Equipe des missions spéciales » (du MUFON International).
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Au moment de ou peu avant la parution de son livre Trinty ou un peu avant, Paola Harris avait sollicité le MUFON en espérant obtenir une validation de son enquête sur le cas Trinity, cas de crash présumé d’OVNI survenu en 1945 dans le secteur du site du premir essai atomique au Nouveau-Mexique, au nord de l’immense base de White Sands (un peu moins d’une centaine de kilomètres à l’ouest de Roswell).
A l’époque de la requête adressée par Paola Harris, le coordinateur du groupe S.A.T était James CLARKSON, auteur et enquêteur très respecté, qui a longtemps été directeur du MUFON pour l’Etat de Washington. James Clarkson, retraité depuis plus de quinze ans a eu une longue carrière dans les forces de police, où il exerçait au rang de Detective, ce qui est correspond à un rang d’officier de police judiciaire.
Le rapport S.A.T fut particulièrement sévère à l’encontre de l’enquête sur « Trinity ». Il semble que l’autrice Paola Harris n’ait pas rigoureusment respecté les protocoles recommandés par le MUFON et les auteurs du rapport détaillent leur évaluation.
Aux côtés de James Clarkson au sein du S.A.T se trouvait madame Chase Kloetze, qui est elle-même une enquêtrice et conférence très respectée au sein du MUFON. Claes Kloetze a remis un rapport détaillé en deux parties sur des analyses présentées par Paola Harris sur des prélèvements de végétaux sur le lieu présumé du crash.
La thèse de l’auteur était que les officiels auraient délibérément planté plusieurs espèces de végétaux pour empêcher toute recherche utérieure et récupération de débris du crash. Le rapport final du MUFON invalide totalement les thèses de l’auteur. La deuxième partie du rapport concerne des preuves sous forme de pièces mécaniques. Cette partie du rapport a été rédigée su rla base de l’examen par Frank Kimbler, qui est lui-même reconnu comme un des meilleurs spécialistes du cas Roswell.
Je ne développerai pas ici, et renvoie les esprits curieux aux documents officiels du MUFON.
Suite aux déclarations hâtives du Dr. Vallée, selon lequel le cas Trinity repoussait Roswell au second plan (les historiens retrouveront les termes exacts si toutefois ces éléments n’ont pas été opportunément effacés de toutes archives publiques), l’expert mondial incontesté sur l’incident ROSWELL a publié un article de mise au point retentissant.
Dans quelques semaines je partagerai sur le site des extraits d’un article de fond écrit et publié en 2021, mais ce serait trop fastidieux ici. Il est plus efficace et pertinent de donner directement la parole à l’expert mondial. On a voulu discréditer le cas Roswell, et à-travers cela réduire à néant une enquête commencéd par Don Schmitt et Kevin Randle en 1988, et qui a culminé, après tant de péripéties et plisueurs livres, articles e tde nombreuses interviews et conférences, à la sunthèse incontournable: le livre WITNESS TO ROSWELL, paru en 2007, mis à jour en 2009, réédité régulièrement jusqu’à ce jour.
La traduction française est sortie en novembre 2024 dans la collection Flying Disk France sous le titre TEMOIN DE ROSWELL. (cliquer)

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Ci-après la lettre de Don Schmitt dont le titre original était:
« The Passport to Magonia ends at Trinity » – Traduction par Gildas Bourdais, novembre 2021
La toute dernière fois que j’ai dîné avec le Dr J. Alen Hynek a été à l’un de ses restaurants préférés à Evanston, dans l’Illinois. Hynek, en astronome accompli qu’il était toujours, était souvent aux prises avec le problème insurmountable d’accepter le concept même d’objets physiques voyageant dans l’espace d’un point A à un point B.
C’est la raison pour laquelle j’ai toujours qardé en mémoire sa remarque surprenante de scientifique prenant de l’âge : « Don, le phénomène ovni ressemble de plus en plus à des “tôles et boulons” (en anglais : “nuts and bolts”) ». Juste quelques années plus tôt, il avait fait le commentaire suivant dans un magazine populaire : « Il y a tellement d’indices en faveur des tôles-et-boulons. Comment expliquez-vous des choses (les ovnis) que vous pouvez voir sur le radar ? Comment expliquez-vous des empreintes sur le sol ? Comment expliquez-vous quelque chose qui arrive et arrache le sommet des arbres ? Comment expliquez-vous des balles ricochant sur quoi que ce soit dans le ciel ? Ces remarques, venant de Hynek, principal sceptique au Projet Blue Book de l’US Air Force, le conduisirent finalement à accepter, sans en faire l’apologie, l’idée que certains ovnis pourraient bien être des objets physiques appartenant à quelqu’un d’autre, et à rejeter les croyances d’un collègue qu’il avait, à une époque, hautement estimé.
Il reste la question : Qu’est-ce qui pourait conduire un universitaire hautement respecté, si prodondément attaché à la méthode rationnelle, à réfléchir au delà de sa zone de confort rigide ? Plus directement, en “vieil homme pressé”, comme il se plaignait souvent, Hynek se rendait compte que la question humaine du “comment” ne s’appliquait plus. La réalité de la situation le laissait face à une autre conclusion – en dépit des distances inconcevables. un phénomène physique relevant d’une intelligence avancée interagissait directement avec notre planète et ses habitants.
Une telle révélation, dans presque tous les domaines scientifiques, serait applaudie comme l’une des plus grandes découvertes de l’histoire de l’humanité ; pourtant, l’un des plus fidèles soutiens et admirateurs de Hynek, le Dr Jacques Vallée avait rompu ce moment de grâce avec ce bon mot, “je serai déçu si les ovnis s’avèrent n’être que des vaisseaux avancés”
Il est devenu tout à fait évident que, contrairement à Hynek qui avait l’esprit d’un vrai scientifique curieux, Vallée, à l’instar de Carl Sagan, ne cherchait pas seulement à prouver des theories préconçues. Il était également coupable de s’aventurer dans d’autres disciplines scientifiques, juste pour s’accorder avec un consensus académique. C’est presque l’exacte définition d’un pseudo scientifique tel que décrit par les mots avisés de Sherlock Holmes ; “ C’est une erreur capitale de théoriser avant d’avoir les faits. Insensiblement, on commence à tordre les faits pour les conformer à des theories, au lieu de faire coller les théories aux faits”.
Quand Vallée, ancien directeur de l’Observatoire de Paris (ndt : en fait seulement assistant pendant un an. Voir son livre Autres dimensions, R Laffont 1988, p. 329) s’est écarté du courant principal de l’ufologie avec son livre hautement controversé “Enquête sur l’existence des extraterrestres” (1969 : titre orignal Passport to Magonia), cet universitaire a endossé le rôle du folkloriste pour tenter de trouver des antécédants à cette énigme dans différentes cultures et œuvres de fiction. Le mot “Magonie” est proche de l’idée de “pays magique”, et Vallée formulait ainsi sa théorie éclairée, “la croyance globale, moderne dans les soucoupes volantes est identique à la croyance antérieure aux fées.” Pour ceux qui étaient réticents pour accepter sans discuter l’hypothèse extraterrestre, c’était un bol d’air frais. Vallée, tout en acceptant la réalité du phénomène, tentait à présent de réécrire l’histoire – les ovnis ont toujours été là ; ils existent dans un plan séparé autour de nous, et ils interagissent dans notre existence dimensionnelle en de rares occasions. Il rejeta effectivement la totalité du scenario “tôles et boulons” et fonda cette nouvelle génération d’apprentis chercheurs ufologiques prêts à le suivre. Le problème était que Vallée ne savait pas du tout où cela allait le mener, mais bizarrement, au fond de lui-même, il chassait encore des moulins à vent physiques, à l’image de Don Quichotte.
Cependant, alors que Vallée est généralement considéré comme un libre penseur futuriste disposé à situer les ovnis dans le même domaine que la religion, les démons, les anges, les fantômes, les fées, et les phénomènes psychiques dans leur ensemble, il a une solide histoire de recherche sur les preuves physiques véritables qu’il critique publiquement. “Hérétique parmi les hérétiques”, comme il s’est caractérisé lui-même, il n’est pas étranger aux enquêtes de terrain et s’est véritablement passionné pour l’étude des traces physiques les plus obscures impliquant des ovnis. Scientifique, il relate ses efforts pour faire analyser des “fragments”, et est conscient des obstacles liés à une telle recherche :
« Le public, les militaires, et la plupart des scientifiques supposent que, si un engin alien venait à se poser pour une parfaite photographie, ou relâchait simplement un résidu métallique sur la pelouse de la Maison blanche, il serait tout à fait normal d’apporter cette preuve à un laboratoire du meilleur niveau où il pourrait être analysé une bonne fois pour toutes. Mon expérience personnelle dans un certain nombre de cas donne une histoire radicalement différente. Alors que nous savons à quoi nous attendre quand nous analysons un morceau de satellite on une météorite, ou quand nous faisons la rétro-ingéniérie d’un appareil technique, nous n’avons pas ce luxe dans le cas d’un morceau supposé d’ovni. Les analystes de laboratoires ne savent pas – littéralement – par où commencer. “ Les choix d’investigation technique sont quasi infinis, et il n’y a presque rien pour guider les objectifs initiaux. Nous ne savons même pas qu’est-ce qui est significatif : est-ce la presence d’un élément particulier, ou son absence, ou sa combinaison avec d’autres ?” Personnellement, je suggérerais de ne pas donner d’indication au laboratoire que l’échantillon est de nature un tant soit peu exotique. Trois tests séparés sont nécessaires, donnant les mêmes résultats, pour admettre que l’analyse prouve des caractéristiques non-terrestres.
Mais même dans ce cas, Vallée a raison de souligner le manque d’éléments sur ce qu’il faudrait rechercher. Sans donner plus de précisions, il a suggéré qu’il “pourrait y avoir jusqu’à trente spécimens, rien qu’aux Etats-Unis”.
Il reste un aspect ironique. Lorsque j’ai invité personnellement Vallée à participer à l’une de nos enquêtes archéologiques sur les sites de débris du crash de Roswell, il n’a montré aucun intérêt. De même que pour toute l’investigation sur Roswell, qui offre une plus grande opportunité que dans tous les autres cas connus de trouver des preuves physiques sur l’existence de matériels fabriqués ailleurs que sur notre planète. J’ai trouvé amusant que Vallée nous ait suggéré de mettre en scène une “fausse découverte” de matériau de crash lors de la fouille sur le terrain, dans le seul but de s’en servir comme appât pour “tromper quelqu’un”… Ma réponse immédiate avait été de rejeter ce plan mal inspiré en évoquant la possibilité que quelqu’un “pourrait être blessé” par une tromperie ainsi orchestrée. À son credit, Vallée avait reconnu que c’était une “suggestion ridicule”.
C’est à la fin de l’été de 1997, alors que je venais de finir une présentation sur Roswell, à Ventura en Californie, juste au nord de Los Angeles, que l’on me présenta un homme qui dit avoir été témoin du crash de 1947 (1945 ?), mais il ajouta que cela s’était passé sur “La ¨Plaine” (The Plains). Je supposai qu’il s’agisait de la Plaine de San Agustin, au sud-ouest de Socorro, au Nouveau-Mexique. Le regretté Stanton Friedman soutenait encore l’hypothèse d’un crash d’ovni séparé dans les environs mais, pour notre part, nous avions entièrement écarté tout incident d’ovni dans cette region pour l’année concernée. Je notai cependant son nom et ses coordonées et les gardai dans mon dossier de témoins.
Quelques années passèrent et, lors de l’une de nos fréquentes conversations téléphoniques, Friedman mentiona le même témoin potentiel. C’était la même histoire, et notre première réaction fut que c’était une histoire intéressante, mais sans plus.
L’année suivante, mon partenaire de recherche Tom Carey poursuivit des échanges téléphoniques avec ce même personage… mais cette fois il affirma qu’il était en possession d’un véritable morceau de l’appareil écrasé. À la demande de Tom, le témoin envoya rapidement des photos en couleurs de ce qui était clairement une pièce de machine métallique, qui nous sembla étrangement familière, à la suite de tous nos voyages de recherche au Nouveau-Mexique. Où avais-je déjà vu cela ? Je continuai à me poser la question, et la réponse me frappa finalement en regardant des images prises sur le ranch même où toute l’histoire de Roswell avait commencé. Non, ce n’était pas une photo d’un vrai débris du crash, ni d’un ballon météo. Cette pièce était clairement visible et il n’y avait pas de doute sur ce que c’était (Ndt voir photo plus loin).
Cette année 2021, a été publié le livre, longtemps attendu, de Paola Harris, écrit par Harris avec cependant comme coauteur le scientifique qui avai!t initialement écrit un article pour le Journal of Scientific Exploration, “Cinq arguments contre l’origine extraterrestre des ovnis”. Le coauteur, qui a tant fait pour prouver que les ovnis ne sont pas des appareils physiques “tôles et boulons”,, enquêtait à présent sur un crash supposé et en soutenait la réalité. Le Dr Jacques Vallée était maintenant entré sur le terrain des affaires d’ovnis accidentés, et ce qui étonne le plus l’auteur de ces lignes, c’est que nous avions déjà prouvé il y a vingt-cinq ans que le cas en question était un canular.
Trinity The Best Kept Secret , par le Dr Jacques Vallée et Paola Harris, est l’histoire de deux garçons qui, devenus adultes, ont affirmé qu’ils avaient été témoins du crash d’un grand objet, dont ils avaient vu les occupants, et qu’ils avaient ensuite observé les efforts cafouilleux des militaires dans leurs tentatives de rassembler des preuves. Vallée accepte l’histoire comme authentique et se donne beaucoup de mal pour défendre le témoignage de ceux qui étaient à l’époque des enfants, en soutenant que, en général, les jeunes n’ont pas la réputation d’embellir leur récit, et qu’ils s’en tiennent strictement aux faits sans fantasmer. Le Père Noël et Ma Mère l’Oie seront soulagés de savoir que leurs secrets sont bien gardés avec Vallée.
Toutefois, ce n’est pas une histoire racontée pas des enfants mais par des adultes qui ont été influencés et contaminés par des années d’exposition à l’un des cas documentés où le crash d’un appareil d’origine inconnue a bien eu lieu : Roswell.
Le livre prétend faussement qu’il y avait trois témoins de l’événement, mais seulement Reme Baca et José Padilla étaient vivants à l’époque du crash supposé. La Troisième, Sabrina Padillo, était juste née cette année-là, et c’est seulement quand elle avait quinze ans, en 1960, qu’on “l’emmena” inspecter le site. Comment cela la qualifiait-elle comme témoin n’était pas une question lorsque Reme raconta pour la première fois l’histoire, après ma conférence à laquelle il avait assisté.
Cela commence au cours de l’été 1945, avec Reme et José faisant leur travail sur le ranch près de San Antonio au Nouveau-Mexique, juste au sud de Socorro. Tout d’un coup, le sol commença à trembler, et il y eut ensuite un grand bruit. Pour dire les choses brièvement, étant donné que le lecteur peut retrouver facilement toutes les comparaisons déjà évoquées dans les récits publiés, je vais seulement mentioner le nom de Roswell chaque fois que l’histoire de Trinity fait un “emprunt” à l’événement de 1947. Ils voient bientôt s’élever un nuage de poussière et de fumée, et sur le sol une trace creuse longue d’environ 300 pieds (Roswell). Des debris sont éparpillés tout le long du sillon (Roswell), et le matériau ressemble à une feuille d’emballage de paquet de cigarettes (Roswell) ; et certains morceaux semblent posséder une mémoire de forme (Roswell). Ensuite, ils observent tous deux trois êtres se déplaçant de manière erratique comme s’ils étaient dans différentes phases de téléportation. Ils sont décrits comme ayant “des yeux protubérants, des bras très minces, une peau légèrement grisée, une tenue collant au corps, et environ quatre pieds de haut (Roswell). Ce qui est un plagiat direct d’un témoin de Roswell est l’emploi de l’expression “cricket de Jérusalem” qui avait été citée par Frankie Rowe, quand Reme et José ont décrit l’apparence des êtres. Aucun autre témoin n’a jamais utilisé ce terme avant Rowe, quand elle fut interviewée pour la première fois au début de 1990. Elle est pourtant citée dans Trinity comme une expression originale.
Comme la nuit approchait, les deux garçons retournèrent à la maison et racontèrent l’incident au père de José, Faustino, et ils lui parlèrent des hombrecitos, les “petits hommes”. Il était, à l’évidence, peu impressionné par leur histoire étonnante, de sorte qu’aucun d’entre eux ne s’aventura à y retourner, seulement deux jours plus tard, mais cette fois avec un policier de l’état, Eddie Apodaca.
Quand ils arrivèrent sur la scène du crash, ils n’y trouvèrent ni le vaisseau,.
ni les corps, ni même l’ombre d’un debris. Mais alors, “comme par magie”, l’objet, seul, réapparut. Sans peur, les hommes pénétrèrent par la déchirure sur le côté de l’appareil (Roswell), et Faustino avertit les garçons de n’en parler à personne étant donné que le gouvernement appelle ce genre de choses des “ballons météo” (Roswell). De nouveau, le groupe de recherche rentra à la maison.
Deux jours plus tard, par un étrange tour de l’histoire, l’armée arriva mais demanda d’abord la permission de nettoyer le site du crash. Et, pendant qu’on laissait Reme et José observer tranquillement comment comment l’armée prenait en charge la situation, le scenario qu’ils dirent avoir vu ressemblait plutôt à une scène de comédie de série “B”. Selon leur histoire, les soldats “brulèrent” les debris du crash, et ce qui n’était pas détruit fut “enterré”. À un moment, les militaires quittèrent totalement la scène pour aller déjeuner dans un autre lieu. Et si cela n’était pas suffisament incroyable, l’appareil fut hissé sur un camion remorque, puis laissé là sans être gardé, pour la nuit ! Comme on pouvait s’y attendre, les garçons retournèrent sur le site non gardé et prirent une pièce qui se trouvait à l’intérieur du vaisseau alien. Peut-être que les soldats, qui venaient de rentrer au pays à la fin de la guerre (la seconde guerre mondiale) ont pensé que tout cela était de la routine et ne prirent absolument aucune precaution spéciale pour la récupération supposée d’un vaiseau alien. On pourrait conjecturer que, en 1945, si vous récupériez un vaisseau spatial, tout le prestige et l’excitation s’étaient effacés. Je suis complètement choqué par la méconnaissance des protocoles militaires de la part de Vallée. Je sais qu’il en sait plus que cela, alors pourquoi n’en tient-il pas compte ?
On nous demande maintenant de croire qu’aucun membre de la famille n’a parlé de l’incident pendant les 50 années qui ont suivi, jusqu’à ce que Reme ait abordé un certain nombre de chercheurs ufologiques avec une histoire de crash qui était supposée avoir eu lieu dans la plaine de San Agustin en juillet 1947 (1945 ? L’histoire de Reme, telle qu’il l’a racontée lui-même, eut lieu en 1945). Manifestement, il s’est plongé dans le sujet, a lu des livres sur l’incident de Roswell, et il a assisté à ma conférence sur le sujet quand il nous a été ptésenté. Il m’a même demandé de dédicacer un livre sur Roswell. Il m’a cherché, de même que Friedman puis mon partenaire Tom Carey. Aucun ne fut intéressé ou impressionné le moins du monde étant donné tous les éléments irrationnels de ce récit. Pour nous, c’était de la science-fiction. Dans une dernière tentative pour nous allécher, Rem fournit à Tom plusieurs photographies de ce qui étaoit censé être un morceau du vaisseau alien qu’ils avaient récupéré lorsque les militaires étaient partis dormir pour la nuit.
Il peut avoir l’air étrange aux yeux d’un novice, mais nous l’avions vu avant…et pas à Roswell. C’était tout simplement, une bride d’une lame de rotor sur un moulin à vent. La dernière goutte fut quand Reme demanda à Carey comment il pourrait “faire de l’argent” avec cette histoire. Carey, pas impressionné, ni par l’histoire ni par les photos, lui suggéra d’écrire un roman.
Une chose à porter au crédit de Vallée et de Harris est qu’ils reconnaissent l’absence de tout récit dans les journaux, de communiqués de presse, de documentation telle que des récits personnels, des enregistrements ou des photographies, des témoins militaires, des récits en fin de vie… et absolument aucune prevue physique. Certainment, si les militaires avaient été aussi cavaliers pour disposer de, et réunir les restes du crash, il aurait dû ensuite en rester quelque chose. Demandez à n’importe quel enquêteur. C’est justement pour celà que nous avons, à ce jour, fait des fouilles archéologiques sur le site du crash et des debris de Roswell, avec des résultats positifs. Le géologue Frank Kimbler, qui a passé des journées entières à ratisser le vrai site de Roswell, a découvert de nombreux fragments en faveur du crash. Par contre, selon Kimbler, le temps passé sur le site du crash de San Antonio décrit dans Trinity “ n’a fourni absolument aucun indice que quoi que ce soit s’était écrasé là et laissé le moindre debris, même le plus minuscule. Le cas est un canular grossier, au mieux. On a ensuite suggéré qu’il y avait un circuit d’ordinateur sur la pièce du moulin à vent. Pur fantasme”.
Comme il est commode que, aujourd’hui, le lieu du crash se trouve dans une “plaine innondable”, et qu’il y aurait peu de chances de retrouver une nécessaire preuve physique? Vallée soutient que le gouvernement avait semé délibérément des plantes toxiques sur le lieu du crash pour décourager ses efforts. En réalité, un simple test par un botaniste a démontré que les plantes qui se trouvaient là étaient étout à fait courantes dans la zone, des “ mauvaises herbes de Jimson” – Jimson weed. Toutefois,, où sont les tentatives de retrouvre d’autres témoins, en particulier des soldats en uniforme et leurs officiers ? Contrairement à Roswell, il n’y a aucun effort pour apporter sur les lieux des équipements de qualité, dans le but de scanner la zone, à la recherche d’un “trésor enfoui”. Un sondage du sous-sol par un radar aérien aurait été certainement une solution possible – si l’histoire avait la moindre chance d’être vraie. On nous rappelle continuellement que les preuves sont là mais qu’elles sont hors d’atteinte. Le travail reste à faire.
Ainsi, la dernière question qui reste est : pourquoi un informaticien réputé mondialement, très influencé (comme moi) par nul autre que Hynek…, l’un des connaisseurs les plus hautement respectés qui devint un non-conformiste en se tournant vers l’hypothèse inter-dimensionnelle sur les ovnis, comment peut-il maintenant soutenir une histoire frauduleuse racontée par des témoins hautement contaminés, dont l’un a demandé comment il pourrait tirer profit de sa fiction ? Justement, alors que Hynek ressentait la pression sur “un vieil homme pressé”, Vallée est maintenant encore plus âgé. Sa mission de cinquante ans pour prouver que les ovnis étaient plus liés à un phénomène psychique avait tourné court, et il semble être revenu à ses racines. Et tout comme Hynek fut obligé de concéder les propriétés physiques du paradoxe, Vallée se tourne maintenant vers la recherche sur un territoire qu’il espère être encore fertile. Mais hélas, comme le personage de fiction Don Quichotte, le moulin à vent de Jacques Vallée (une bride) a été fabriqué sur terre.

Sur l’auteur.
Donald R. Schmitt est l’auteur de six best-sellers et ancien co-directeur du Centre d’études sur les ovnis J. Allen Hynek (Center for UFO Studies, CUFOs) à Chicago, où il a été directeur des enquêtes spéciales pendant dix ans. Comme cofondateur du célèbre Musée international et Centre de recherche à Roswell, il continue à être conseiller de son comité de directeurs. Connu internationalement comme enquêteur et conférencier, son premier livre UFO Crash at Roswell (coauteur avec Kevin Randle, livre par ue 1991) a inspiré le film Roswell qui a été nommé au Golden Globe. En 2007 paraissait WITNESS TO ROSWELL, coécrit avec Thomas J. CAREY, somme de plus de vingt ans de recherches et enquête de terrain. WITNESS TO ROSWELL fut à l’époque et demeure l’un des plus grands best-sellers de la littérature ufologique dans le monde.
