NOTE DE LECTURE de Eric ZURCHER sur le livre CONTACTS OVNIS EN ITALIE (Vol.1) de Roberto PINOTTI

par Jean Librero

Le premier volume de ce panorama « italien » des rencontres rapprochées a été salué par une préface de l’écrivain Gildas Bourdais, qui connaît l’auteur depuis de longues années. Gildas a en effet été invité à de nombreuses reprises comme orateur au congrès du C.U.N, organisé et présidé par Roberto Pinotti.

Préface de Gildas Bourdais (cliquer)

Je partage aujourd »hui un texte d’un autre auteur français, très bon connaisseur de l’ufologie en Italie, et en particulier des rencontres rapprochées, puisqu’il s’agit de Eric ZURCHER, auteur de renom, qui a rencontré plusieurs livres très documentés aux rencontres d’humanoïdes, l’un d eux étant consacré précisément aux cas survenus « dans la Péninsule » dont il est justement originaire ! J’a ieu de longs entretiens avec Eric Zurcher, et c’est un euphémisme de dire qu’il est en effet un expert..de tant de cas et dossiers ufologies, en France.;et ailleurs. Merci donc à Eric Zurcher pour ce témoignage encourageant. Roberto Pinotti et son oeuvre méritent en effet d’être mieux connus en France.  

Au sujet du livre de Roberto Pinotti «CONTACTS OVNIS en ITALIE»

Le livre de Roberto Pinotti, traduit par Lucas Périer et publié par Jean Librero (Flying Disk France), fait office d’évènement, car à travers lui, on voit se dessiner toute l’histoire ufologique de la péninsule. Le premier tome va de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la grande vague de 1978. Un second tome est prévu, de 1979 à nos jours.

Du double point de vue de la recherche et de l’histoire, on ne peut qu’applaudir, et souhaiter que l’exercice soit répété pour tous les pays européens. Cela a déjà été le cas pour la Pologne (Ufos over Poland, de Piotr Cielebias) ainsi que pour la Roumanie (Ufos in Romania, de Dan Farcas) ce dernier étant également traduit par Jean Librero. Espérons donc que d’anciens ufologues expérimentés et sérieux se chargeront de cette tâche, notamment pour la France, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne.

En considérant d’abord l’aspect historique, il est intéressant de prendre en compte ces ouvrages, car ils offrent une perspective unique sur le pays concerné et permettent de récapituler les évènements et leurs contextes sur un mode chronologique. Beaucoup de lecteurs y découvriront avec étonnement des affaires inconnues ou totalement oubliées. Leur lecture est saisissante, et j’ai été frappé à la fois par certaines particularités locales, mais plus encore par les similitudes que l’on observe pour chacun de ces pays.

Nul n’était mieux prédisposé à ce travail de titan que Roberto Pinotti qui est un pionnier de l’ufologie italienne, l’un des créateurs du C.U.N (Centro Ufologico Nazionale) et surtout un ufologue mondialement connu et estimé. Depuis plus d’un demi-siècle, l’homme a mené une profusion d’enquêtes sur des cas souvent peu connus en France, assisté à des centaines d’évènement nationaux et internationaux, rencontré des milliers de personnes impliquées.

Il a surtout impulsé des actions fondamentales en termes de recueil et d’organisation des données, ainsi que de leur exploitation sur le plan statistique. Ainsi, ce travail sur les évènements ufologiques italiens offre un panorama unique qui participe de la connaissance du dossier OVNI.

Il devrait à ce titre faire partie de toute bibliothèque consacrée au sujet.

Sur le plan de la Recherche, ce genre d’outil devient vraiment indispensable, tant il comble des lacunes hélas trop connues. Il faut effectuer ici un rappel en forme d’évidence : Ce que l’on nomme «ufologie» est constitué par plus de 95 % de témoignages humains. Le reliquat contient des éléments plus «objectifs» comme les échos radars (pas toujours accessibles), des traces diverses () sur l’environnement, quelques films et photos surnageant dans un océan de «fakes» (comme on dit aujourd’hui) et peut-être une douzaine de cas où des microéchantillons () ont été retrouvés et analysés.

Ce constat pointe le rôle majeur du thème de l’information en ufologie. Les dizaines de milliers de cas recensés de par le monde sont potentiellement porteurs de données vitales pour les quelques chercheurs qui tentent de travailler sur des thèmes particuliers. Ceci est particulièrement vrai pour les rencontres rapprochées (environ 13 % du total des manifestations).

Inévitablement, les chercheurs travaillent d’abord sur l’information et se trouvent confrontés à la réalité du brouillage humain (). En ce sens, les précisions, les détails qui reposent au fond des dossiers valent de l’or, et c’est à ce niveau que l’ouvrage de Roberto Pinotti devient essentiel. L’homme a été au carrefour de toutes les grandes affaires italiennes et détient de précieux renseignements sur des cas importants mais encore imparfaitement connus.

Un seul exemple parmi tant d’autres : la rencontre de Rosa Lotti, le 1er Novembre 1954 à Cennina (Toscane) qui est sans doute le cas () le plus célèbre en Italie. Depuis une contre-enquête effectuée vers le milieu des années 70, on savait que, contrairement aux idées reçues, elle n’avait pas été impliquée seule dans cette rencontre de type 3. Deux petits bergers avaient observé la scène de loin, et trois témoins adjacents avaient vu l’engin décoller et repartir. Mais à lire l’auteur, on apprend avec stupéfaction que trois fois plus de témoins ont vu l’appareil évoluer dans le ciel. On a également la confirmation d’une rumeur qui avait circulé pendant plusieurs décennies : il y a bien eu une trace sur le sol rendu humide par les pluies, et que d’innombrables curieux se sont dépêchés de piétiner !

    Il faut savoir que l’Italie est particulièrement riche en rencontres rapprochées. Son taux de « cas lourds » () est plus important que dans d’autres pays et on a vu qu’un effort particulier avait été accompli dans le domaine du recueil et du classement des données (Les italiens nomment cela «la casuistique»).

Le chercheur Paolo Fiorino a recensé près de 1900 rencontres rapprochées, et plusieurs ufologues comme Maurizio Verga (When the saucer came to Earth), Antonio Chiumento (Alieni tranoi) ou Mario Tembellini(Alieni in Italia) ont également dressé des listes et écrit des livres sur le sujet.

 Le lecteur sera sans doute étonné par un constat : dans son récapitulatif de l’histoire ufologique italienne, Roberto Pinotti balaie très large. En effet, il n’hésite pas à inclure ce qui avait mauvaise presse dans les années 1960-1980, à savoir les cas de «contactés». Il va même encore au-delà en évoquant l’existence de certaines affaires très particulières (Amicizia) et de certains groupes visiblement sectaires (Eugenio Siragusa).

     Je ferais à ce sujet quelques remarques. De fait, l’ufologue italien ne pratique aucun ostracisme, mais pourquoi en ferait-il ?

L’histoire relate les évènements survenus pour le meilleur et pour le pire, et celle de l’Ufologie n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il est d’autant plus inutile de se voiler la face que cette histoire est identique dans tous les pays, à commencer par la France.

Il faut rappeler que l’éclosion de mouvements néo-religieux est consubstantielle à la naissance médiatique de l’Ufologie en 1947. Ces phénomènes ont marqué son développement, un peu comme une forme insistante du refoulé qui tel un filigrane, ressurgissait régulièrement.

L’Histoire signifie la vérité et l’équanimité dans le traitement des évènements, et on ne peut la construire partialement et uniquement à partir de ce qui nous arrange.

Chacun aura compris qu’en tant que chercheur, j’attache une importance particulière à la crédibilité des cas. Construire un échantillonnage crédible est un préalable à toute étude. Il s’agit d’une tâche longue et délicate, mais vitale ; si on échoue, tous les résultats et les efforts se trouveront automatiquement invalidés.

    En revanche, en tant qu’historien, on ne peut éluder aucun des éléments qui constituent le contexte d’une époque donnée, et c’est précisément ce que fait Roberto Pinotti : il nous offre un panorama complet.

Ce tableau nous renvoie à une responsabilité individuelle. C’est à chacun de se déterminer en fonction de ses connaissances, de ce qu’il est, ainsi que des objectifs qu’il poursuit.

La démarche est tout sauf simple car il s’agit finalement d’un dialogue avec soi-même. Un choix entre deux réponses possibles peut y aider :

  • Croyez-vous aux ovnis ?
  • Pensez-vous que les ovnis soient, au moins pour partie, une réalité ?

Votre réponse, mûrement réfléchie (il existe une différence entre croire et penser, et des implications en découlent) déterminera certainement votre appréciation du livre de Roberto Pinotti.

Bonne lecture …

Livres de Eric Zurcher

Les apparitions d’humanoïdes – Nos étranges visiteurs vus à travers les rencontres du 3e type. JMG, 9 mars 2020

Les apparitions mondiales d’humanoïdes (Français) Broché –JMG, 10 septembre 2018

« LES RENCONTRES RAPPROCHÉES DU 3E TYPE EN ITALIE (1927-2012) », GARPAN, 2018